Écrans gaming : où en est le marché en 2025 ?

Écrans gaming où en est le marché en 2025

Entre surenchère technologique et stagnation des usages, le marché des moniteurs gaming poursuit sa croissance. OLED, Mini-LED, 4K à 240 Hz : le joueur de 2025 n’a jamais eu autant d’options… mais rarement autant de raisons d’hésiter.

Difficile aujourd’hui de s’y retrouver dans la jungle des écrans gaming. Entre les slogans marketing à rallonge, les certifications aux noms cryptiques et les références qui se succèdent à un rythme effréné, choisir son moniteur relève presque de l’acte de foi. Pourtant, derrière cette profusion d’offres, le marché a atteint une certaine maturité : les technologies s’affinent, les prix se tassent et les fabricants peaufinent plus qu’ils n’inventent. À l’aube de 2026, il n’est donc pas inutile de dresser un état des lieux — et de tenter d’y voir clair dans cette lumière artificielle.

Un marché florissant, mais plus raisonné

Selon les dernières analyses de Future Market Insights, le secteur des écrans dédiés au jeu vidéo pèserait environ 11,35 milliards de dollars cette année, et pourrait presque doubler d’ici 2035. Un signe de vitalité pour un segment porté autant par la demande que par le renouvellement constant de l’offre. L’Asie-Pacifique mène le bal, tirée par une jeunesse connectée et des marques locales agressives, tandis que l’Europe et l’Amérique du Nord se stabilisent autour d’une clientèle plus sélective. ASUS, MSI, Samsung, LG ou Alienware continuent d’occuper le terrain, parfois talonnés par des acteurs chinois émergents comme KTC ou HKC.

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Des joueurs encore majoritairement en 1080p

Malgré le discours publicitaire vantant le 4K ou même le 8K, la réalité reste bien plus modeste. Selon la dernière enquête Steam Hardware Survey, plus de la moitié des joueurs utilisent encore une définition Full HD (1080p), tandis que le 1440p progresse doucement, notamment parmi les joueurs équipés de cartes graphiques haut de gamme. Le 4K, lui, reste marginal, réservé à une poignée d’enthousiastes prêts à sacrifier leurs FPS sur l’autel de la précision.
En parallèle, les données mondiales de Statcounter confirment cette tendance : le 1080p domine toujours les usages PC, loin devant les définitions bâtardes ou les ultrawide. Autrement dit, si la technologie avance, les habitudes, elles, résistent.

OLED et Mini-LED : la nouvelle guerre des pixels

Dans le domaine des dalles, l’OLED s’impose doucement comme la référence du moment. Les modèles de 27 à 34 pouces s’affichent désormais entre 600 et 800 euros, une démocratisation relative mais réelle. Les fabricants redoublent d’ingéniosité pour protéger leurs écrans contre le marquage (burn-in), tout en vantant des noirs parfaits et un temps de réponse quasi instantané. Asus, MSI et LG ont chacun développé leurs propres algorithmes de gestion dynamique de la luminosité, histoire de prouver qu’un bon OLED ne se contente plus d’être beau, mais aussi durable.

En face, le Mini-LED résiste avec panache. Grâce à des rétroéclairages de plus en plus précis — parfois plus de 2 000 zones locales —, les écrans LCD haut de gamme retrouvent de la crédibilité, notamment sur le terrain du HDR. Le contraste s’améliore, le blooming recule, et le rapport qualité-prix devient plus séduisant. Certains modèles, comme le MSI MPG 274URDFW ou le Samsung Odyssey Neo G7, rivalisent désormais sans rougir avec les OLED. À terme, la baisse des coûts de production pourrait même inverser les rapports de force.

OLED et Mini-LED : la nouvelle guerre des pixels
@MSI / Samsung : OLED et Mini-LED : la nouvelle guerre des pixels

Toujours plus vite, toujours plus grand

En matière de fréquence d’affichage, 2025 confirme la démesure. Le 4K à 240 Hz, autrefois une chimère, est aujourd’hui une réalité — du moins pour ceux capables de débourser plus de 1 000 euros. Le 1440p à 360 Hz devient, lui, plus courant, tandis que certains modèles en 1080p tutoient allègrement les 600 Hz. Une course effrénée où le gain réel reste souvent imperceptible pour l’œil humain, mais qui nourrit la promesse d’une expérience toujours plus fluide, toujours plus “compétitive”.

Les formats, eux aussi, s’étirent. Les écrans ultrawide et super-ultrawide séduisent une niche fidèle, entre pilotes virtuels et créateurs de contenu. Les 49 pouces DQHD sont désormais monnaie courante, tandis que des monstres de 57 pouces en DUHD (7680 × 2160), tels que l’Odyssey Neo G9 G95NC, imposent leur loi sur les setups les plus extravagants. Une expérience aussi spectaculaire qu’impraticable pour la plupart, tant en raison du prix que de la place requise.

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Normes et connectique : le désordre persiste

Côté connectique, le chaos continue. La mention HDMI 2.1 reste trompeuse, certaines implémentations se contentant de débits inférieurs aux spécifications théoriques. Les joueurs sur consoles doivent donc redoubler de prudence, quand les utilisateurs PC privilégient de toute façon le DisplayPort 1.4 ou le récent 2.1. En revanche, la généralisation de l’USB-C Power Delivery transforme nombre de moniteurs en stations d’accueil hybrides, capables d’alimenter un portable tout en servant d’écran principal.
Quant aux labels et certifications, la situation s’éclaircit à peine : VESA ClearMR tente d’imposer un standard plus lisible sur la netteté en mouvement, tandis que DisplayHDR True Black distingue enfin clairement les OLED des LCD HDR. Mais pour le consommateur, l’abondance de logos reste un casse-tête.

Normes et connectique : le désordre persiste
Normes et connectique : le désordre persiste

Conclusion

L’année 2025 consacre un paradoxe : jamais les écrans gaming n’ont été aussi performants, variés et aboutis… et pourtant, la majorité des joueurs continue de jouer sur des modèles simples, en 1080p, parfois vieux de plusieurs années. Entre innovations spectaculaires et usages immobiles, le marché semble avancer plus vite que ses utilisateurs. Reste une certitude : que l’on soit compétiteur en quête du moindre milliseconde ou simple amateur de belles images, le moniteur demeure, plus que jamais, le maillon décisif entre la machine et le joueur.

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